Publié dans le bulletin d'information d'automne
Vacant depuis une dizaine d'années, l'ex-hôpital chinois n'accueillera pas de centre d'hébergement pour patient-e-s inuit-e-s, venant à Montréal pour y recevoir des traitements médicaux[1].
Ce projet ne verra pas le jour. Un nouvel avis de motion visant à geler le zonage du secteur a été encore déposé à l'arrondissement, le 7 septembre dernier, une procédure inhabituelle, selon la mairesse, Anie Samson.[2]
Pour justifier ce « moratoire » sur le site, Mme Samson affirmait vouloir de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (ASSSM) des études sur divers impacts du futur centre, un plan d'action pour encadrer les personnes hébergées, de l'information sur des sites alternatifs, le comité d'implantation, etc.
Rappelons qu'en mai, débutait une campagne de peur dans le voisinage. « Quand t'amènes 125 personnes qui sont dépaysées, c'est le nouveau, c'est la grande ville, c'est le party ...», déclarait la mairesse le 10 mai à Radio-Canada. Un tract rouge et un site internet ouvertement racistes et alarmistes, intitulés « DANGER IMMINENT » commençaient ensuite à circuler.
Pourtant, nombreux-euses sont les citoyen-ne-s et organismes du quartier qui se sont montrés favorables au projet. Les Inuit-e-s ont aussi le droit de recevoir des services de santé, plaide-t-on, gêné-e-s par le syndrome « pas dans ma cour » et le racisme exprimés[3].
Le 9 septembre, la Régie de la santé du Nunavik annonçait qu'elle ne s'installerait pas chez nous. «C'est à cause de la réaction de la mairesse, de ses conseillers et du public à Villeray», déclarait à La Presse, la directrice générale de l'organisme, Mme Jeannie May.[4]
[4] L'ancien hôpital chinois ne sera pas transformé en centre d'hébergement pour Inuits, La Presse, 10 septembre 2010.