La tragédie qui a frappé Lac-Mégantic, le 6 juillet
2013, a signifié un grand nombre
de pertes de vie. Dans cette ville de l'Estrie, pour des locataires touchés par
la perte de leur toit, l'incertitude quant à l'avenir s'ajoute à la douleur de
la perte de proches. Certains locataires pourront réintégrer les lieux qu'ils
ont dû quitter en raison de l'accident ferroviaire, d’autres devront se trouver
un nouveau logement.
La situation de plusieurs locataires à Lac-Mégantic
était déjà précaire comme l'a constaté la Commission populaire itinérante sur
le droit au logement — tenue à l'initiative du Front d'action
populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) — lors d'une audience à
Sherbrooke, le 13 novembre 2012. Dans cette région, où il n'y a pas de comité
logement, une porte-parole du Centre des femmes du Granit (Lac-Mégantic),
Marisol Laneuville, a indiqué que les femmes qui consultent son organisme
vivent souvent en situation de pauvreté et d’isolement. Beaucoup de femmes se
disent victimes d’intimidation de la part de leur propriétaire et doivent
sacrifier plusieurs besoins essentiels, notamment l’alimentation, pour arriver
à se loger.
Par ailleurs, dans un rapport préparé à la demande de
Ville de Lac-Mégantic et déposé en février 2013 [Profil des familles et des aînés de la Ville de Lac-Mégantic], on
peut lire que la municipalité compte 1 150 logements loués, soit 43 pour
cent du parc immobilier. Dans le même document, il est indiqué que 32,8 pour
cent des locataires consacrent 30 pour cent de leur revenu annuel brut, ou
plus, au logement. En 2001, la proportion des locataires devant consacrer une
telle part de leur budget au logement était de 24,4 pour cent. À ce sujet, dans
un rapport de février 2012 [Plan d’action
pour la solidarité et l’inclusion sociale du Granit] il est précisé que le
quart des 1 105 personnes vivant seules dans leur logement consacrent 50 pour
cent ou plus de leurs revenus au logement.
Quels sont les droits des locataires dans le cas d'un
incident rendant leur logement inhabitable ? La Régie du logement a publié une
capsule d'information dans laquelle il est notamment précisé les recours
possibles, selon les situations, à la suite de l'évacuation de locataires de
leur logement.
Les locataires de Lac-Mégantic de même que les
militant-e-s pour le droit au logement dans l'ensemble du Québec doivent, dans
un esprit de solidarité, surveiller le développement de la situation dans cette
ville. En effet, il y a lieu d'inciter les autorités des différents niveaux de
gouvernement à s'assurer qu'à la suite des travaux de reconstruction, le nombre
de logements disponibles soit au moins égal à la situation qui prévalait avant
la tragédie et que les logements neufs ou rénovés demeurent à un prix
abordable.