Le travail des inspecteurs a été et demeure encore aujourd’hui une source de vive critique de la part de l’ALV et du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ). Depuis des années, nous soutenons que le travail des inspecteurs municipaux est souvent inefficace en matière d’insalubrité. Le délai moyen des procédures est de 3 mois. Plusieurs locataires abandonnent les procédures avant même de voir la lumière au bout du tunnel. Il est difficile de vivre dans un logement insalubre et dangereux pour la santé pendant des mois sans voir aucune porte de sortie potentielle. De plus, si l’immeuble est vendu en cours des procédures, les locataires devront recommencer les procédures au complet avec le nouveau propriétaire. Compte tenu de tout ceci, les locataires déménagent souvent avant d’avoir les résultats escomptés.
Face à cette situation, le RCLALQ a rédigé plusieurs recommandations à la Ville de Montréal afin de remédier à la situation. Parmi celles-ci, le RCLALQ demande de mettre en place un répertoire interne des pratiques douteuses de certains propriétaires. Ce répertoire permettrait à la Ville de mieux cibler les propriétaires délinquants et ainsi appliquer des sanctions progressives. De plus, le RCLALQ demande que la Ville prévoie au règlement une procédure de relogement des locataires et que les coûts du déménagement soient réclamés au propriétaire fautif.
Il devient de plus en plus urgent que la Ville se dote d’une telle politique. Nous en avons eu l’exemple à l’automne quand des locataires du quartier Parc-Extension ont été évacué-e-s de leurs logements à cause d’un problème majeur de moisissure dans leur édifice. Ces locataires ont été évacué-e-s sans qu’un plan de relocalisation précis ne soit mis de l’avant. Résultat ? Les locataires admissibles à un HLM sont accueilli-e-s dans un YMCA pendant 4 semaines et les autres ont droit à 2 semaines au YMCA et à quelques denrées alimentaires et billets de la STM.
Le RCLALQ revendique aussi que la Ville de Montréal établisse une procédure en vue d’informer verbalement les locataires du contenu du rapport de l’inspecteur. Présentement, un-e locataire qui veut avoir accès au rapport de son logement doit faire une demande d’accès à l’information auprès de son arrondissement. Cette demande peut prendre plusieurs mois avant d’être traitée. Notre revendication permettrait à un-e locataire, en s’identifiant, d’avoir accès à son dossier rapidement. Certain-e-s inspecteurs, par leurs rapports, nous laissent croire que leur travail fait preuve de deux poids, deux mesures en matière d’insalubrité. Par exemple, un inspecteur qui ne voit pas de souris dans un logement peut conclure à leur absence, quand un autre pourrait conclure que des trous dans les murs ou des excréments sont une preuve suffisante de la présence de vermine. Pour faire pression sur l’arrondissement, l’ALV, en lien avec le RCLALQ, continue de réclamer des changements importants au sein du Service d’inspection. Pour l’instant, un manque d’écoute face à nos demandes ne fait qu’alourdir ce service et laisse les locataires dans une position désavantageuse.