ALV, c'est...

L'Association des locataires de Villeray
est un organisme à but non lucratif
voué
à la défense des droits des locataires
et
du droit au logement!

14 avr. 2014

Locataire jeté à la rue pour $100 !


Un locataire de logement social subventionné a été évincé à la fin janvier d'un organisme à but non-lucratif (OBNL) du quartier pour une dette de loyer de deux mois. Présent depuis le début du projet en 2009, son loyer selon le jugement de la Régie du logement était de $102 par mois, le reste étant payé à l'OBNL par l'Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM), qui gère les suppléments au loyer. Un avis mentionnait sur la porte du locataire à quelle compagnie d'entreposage ses biens avaient été confiés, et ses provisions avec le contenu de son réfrigérateur ont été jetés sur le banc de neige à l'entrée de l'édifice.

Le jugement en date de décembre 2013 mentionne seulement que le locataire était en retard de plus de trois semaines dans le paiement de son loyer, ce qui permet, selon la loi, de faire résilier son bail. C'est une annexe au bail qui stipule le loyer subventionné tout en donnant au locataire les mêmes droits et obligations que dans un logement privé. D'après le Code civil, le propriétaire n'a pas à prouver le préjudice qu'il subit par le retard de loyer. Dans ce cas-ci, plus de 80% du loyer total est défrayé par l'OMHM, et les deux mois de loyer payables par le locataire équivalent à moins de deux semaines du loyer total mensuel d'environ $550.


Le préjudice dans ce genre de décision est bien davantage du côté du locataire. Dans son règlement, l'OMHM rend tout locataire de logement subventionné dont le bail a été résilié pour non-paiement de loyer inadmissible à l’optention d’un HLM ou tout autre logement subventionné pendant une période qui peut s'étirer jusqu'à cinq ans!

Une recherche dans le site web jugements.qc.ca a retourné une demie-douzaine de causes du même type en trois ans dans le complexe de 52 logements sur Christophe-Colomb ou l'éviction est survenue. Un de ces jugements a vu la résiliation de bail d'un ménage locataire pour une dette de loyer de seulement $102, soit un seul mois de loyer subventionné.

Jointe pour savoir si les décisions de l'OBNL dépendaient d'une mauvaise santé financière, la directrice de la Société d'amélioration de Pointe-St-Charles (SOCAM) qui administre le projet, Murielle Sauvé, a déclaré que son organisme faisait face à un déficit de $59,000. La SOCAM se vante de gérer un millier de logements sociaux, OBNL et coops confondus, et ce à travers cinq arrondissements montréalais.