ALV, c'est...

L'Association des locataires de Villeray
est un organisme à but non lucratif
voué
à la défense des droits des locataires
et
du droit au logement!

14 avr. 2014

Les délais, les lenteurs de la Régie du logement



Un cas : une demande [recours du locataire] déposée à la Régie du logement, le 17 mai 2012, n'a toujours pas été entendue. Le locataire requiert que les obligations inscrites au bail relativement aux réparations, à la quiétude des lieux, à la sécurité et à la présence de vermine soient remplies.

Des cas semblables touchant des centaines de personnes à travers le Québec, plusieurs dizaines de locataires ont manifesté devant les locaux de la Régie du logement à Montréal, Québec et Saint-Jérôme, le 19 février 2014, afin de dénoncer les délais d’attente dans le traitement des demandes des locataires, qualifiant d'inacceptables les retards du tribunal administratif.


La Régie, dans son rapport annuel, indique que les locataires qui portent plainte pour des problèmes nécessitant une réparation majeure, pour  une  infestation de vermine ou la présence de moisissures, sont forcéEs d'attendre en moyenne plus de 20 mois avant que leur cause ne fasse l'objet d'une audience. Dans le cas cité plus haut, cette moyenne a été dépassée et aucune date n'a encore été fixée pour l'audition de la cause. En consultation, une préposée de la Régie invite le locataire à envoyer une télécopie pour solliciter une date de tenue d'audience.

Lors de la mobilisation de février, une porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Catherine Tragnée, a réclamé un délai d’attente raisonnable : "On demande que les audiences soient effectuées à l’intérieur d’un délai de trois mois, en suivant le principe du premier arrivé, premier servi. Dans les causes urgentes, qui affectent la santé et la sécurité des locataires, on veut un délai de 72 heures."1

Alors que la Régie soutient qu’elle traite les demandes en fonction des ressources dont elle dispose, les délais imposés aux locataires constituent un déni de leur droit d'accès la justice. Il s'agit, en effet, d'un droit citoyen et il est juste et raisonnable d'exiger que son exercice ne soit pas compromis par le fonctionnement inadéquat d'un organisme de l'État.

Il convient ici de souligner que les demandes déposées à la Régie du logement font l'objet d'un traitement inégal selon qu'elles soient soumises par des locataires ou des propriétaires. Ces derniers bénéficient en effet d'audiences rapides notamment pour la fixation de loyer ou une procédure visant l'expulsion de locataires. Ainsi, les causes présentées par les propriétaires pour non-paiement de loyer sont traitées en 1.4 mois en moyenne.2


À la problématique des longs délais d'attente imposés aux locataires par la Régie, une solution politique doit être trouvée. Nous en sommes en pleine campagne électorale. C'est le moment de solliciter l'attention des candidatEs de votre circonscription et de les inviter à prendre position en indiquant quelle action ils et elles entendent prendre pour mettre fin aux interminables délais dans le traitement des demandes des locataires devant la Régie.


Nous avons contacté les candidatEs à l'élection du 7 avril qui sollicitent un mandat des électeurs de l’est de Villeray (circonscription électorale de Viau) leur demandant de nous informer de leur position face aux délais imposés aux locataires par la Régie du logement dans le traitement de leurs demandes. Wilner Cayo, de la Coalition Avenir Québec s'est limité à indiquer qu'il considérait  que : "Le système devrait être revu et favoriser un traitement équitable."

Pour sa part, Geneviève Fortier-Moreau, candidate de Québec solidaire affirme que son parti : "à  cœur de régler des problèmes importants en ce qui concerne la situation du logement au Québec... Québec solidaire a l'intention d'augmenter le financement de la Régie du logement afin précisément de réduire considérablement les délais de traitement des causes portés par les locataires. Nous en profitons pour vous informer aussi que nous avons l'intention d'instaurer un registre national des baux qui assurerait aux locataires l'accès à une information précieuse leur permettant de contester une hausse de loyer abusive."

Quant à la candidate du Parti québécois, Odette Lavigne, et à son opposant, David Heurtel, du Parti libéral du Québec notre demande de prise de position est demeurée sans réponse.

            N'hésitez pas, à votre tour, à talonner vos candidatEs au scrutin du début-avril et, au lendemain de l'élection, à contacter votre député et le ministre responsable de la Régie du logement. Ensemble, nous pouvons mettre fin au fonctionnement lourd voire inopérant de la Régie et obtenir que le tribunal administratif devienne, de façon opportune, également efficace pour les locataires.