ALV, c'est...

L'Association des locataires de Villeray
est un organisme à but non lucratif
voué
à la défense des droits des locataires
et
du droit au logement!

14 janv. 2013

Revendiquons une réserve foncière pour le logement social!



Par Gaël Morin

Depuis quelque temps, l'Association des locataires de Villeray (ALV) revendique la création, dans l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, d'une réserve foncière pour le logement social. Nous présentons ici les arguments à l'appui de cette revendication.

Depuis longtemps, nous dénonçons le fait qu'il y ait trop de personnes mal logées dans le quartier Villeray. Pour pouvoir être logé à un prix que nous sommes en mesure de payer, dans un appartement en bon état, il faut plus de logements sociaux. Nos luttes ont déjà mené à de nombreuses victoires. Par exemple, nous avons obtenu la construction des coopératives d'habitation Tri-Logis et Rousselot, de même que la réalisation, sur la rue Christophe-Colomb, des deux phases du projet de la Société d'amélioration de Pointe St-Charles (SOCAM), organisme sans but lucratif. Cependant, malgré nos luttes et nos succès, le problème des personnes mal logées dans le quartier Villeray est loin d'être réglé. Ainsi, à Montréal c'est dans notre arrondissement, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, que les listes d'attente pour les habitations à loyer modique (HLM) sont les plus longues. Plus de 3 400 ménages sont dans l'attente d'un logement social. C'est beaucoup trop! Comment expliquer qu'on ne construise pas plus de logements sociaux pour répondre aux besoins de personnes mal logées?

Premièrement, le financement de la construction de logements sociaux par les gouvernements municipal, provincial et fédéral est insuffisant. Présentement, ce sont à peine 2 500 logements à vocation sociale qui sont construits chaque année au Québec. Il faut donc exiger que les gouvernements investissent davantage dans le logement social. Compte tenu de la pénurie de logements sociaux dans l'arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, nous revendiquons la construction de 3 500 unités au cours des 5 prochaines années.

Deuxièmement, il y a pénurie de terrains pour la construction de logements sociaux dans l'arrondissement. Ce manque de terrains a d'ailleurs été reconnu par le maire d'arrondissement, Anie Samson, lors de la séance du conseil municipal de la Ville de Montréal, le 26 octobre 2010. Elle affirmait alors qu'il n'existait plus de terrains constructibles à Villeray. Or, souvent, les rares terrains qui deviennent disponibles sont achetés par des promoteurs immobiliers dans le but d'y construire des immeubles en copropriété.

Pour résoudre le problème de la rareté des terrains en vue de la construction de logements sociaux, l'ALV préconise la création d'une réserve foncière par la Ville de Montréal. Qu'est-ce qu'une réserve foncière? Il s'agit d'une mesure que la Ville met en œuvre en destinant des terrains à la construction de logements sociaux. Ces terrains sont soit des terrains dont la Ville est déjà propriétaire et qu'elle n'utilise plus, soit des terrains dont elle fait l'acquisition pour constituer une réserve pour le logement social. C'est, en quelque sorte, une banque de terrains qui sont disponibles pour la réalisation de projets de logements sociaux.

Quels sont les avantages d'une réserve de terrains? D'une part, nous ne sommes plus en compétition avec les promoteurs de condos lorsque de rares terrains deviennent disponibles. D'autre part, les terrains faisant partie d'une réserve sont soustraits à la spéculation immobilière. Ainsi, si le prix des terrains explose, la valeur les terrains d'une réserve foncière n'est pas touchée.


L'idée de créer une réserve foncière n'est pas une solution fantaisiste au problème de la pénurie de logements sociaux. Cette mesure a fait l'objet d'une recommandation dans un document publié récemment par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), intitulé Répertoire des bonnes pratiques : Le rôle des municipalités dans le développement du logement social et abordable.

La réserve foncière est un outil auquel on a déjà recours pour le développement d'espaces publics tels que  des hôpitaux, des écoles, des routes, des parcs ou des passages piétonniers. En septembre 2012, la Ville de Montréal a annoncé l'achat de 5 terrains pour constituer une réserve foncière dans le secteur Marconi-Beaumont. Dans leur plan de développement du secteur, les autorités municipales ne prévoient pas la construction de logements sociaux. Dans un communiqué de presse récent, Richard Deschamps, qui était alors président du comité exécutif de la Ville de Montréal, a indiqué que :

« Les emplacements visés par ces réserves foncières permettront de retisser les liens entre des quartiers fragmentés par les voies ferrées de même qu’entre les quartiers existants et le nouveau quartier en construction sur le site Outremont. La Ville se donne ainsi les moyens de pouvoir répondre aux souhaits exprimés à ce jour par les citoyens et les acteurs du milieu dans le cadre des discussions sur le renouvellement des secteurs industriels voisins du site Outremont ».

Récemment, la Ville de Montréal a constitué une réserve foncière en destinant à des fins de logement social quatre terrains situés dans les secteurs de St-Léonard, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et Ville- Marie. Alors, il y a lieu de se demander pourquoi la Ville de Montréal tarde à créer une réserve foncière pour le logement social dans le quartier Villeray. Revendiquons une reserve foncière!