Pour le Regroupement des comités logements et associations
de locataires du Québec (RCLCLQ), ce programme “ProprioEnquête” est tout
simplement un outil de discrimination contre les ménages pauvres. Même si un
proprio doit obtenir le consentement d’un-e locataire pour utiliser ses
informations personnelles, « ce consentement est souvent vicié car, si on
n’y consent pas, les propriétaires vont souvent refuser de louer le
logement » selon la porte-parole du RCLALQ, France Émond. Il peut, par
exemple, exercer des pressions quand plusieurs personnes à la fois visitent un
même logement. Il n’est pas non plus clair où ira toute cette information une
fois le logement loué.
« Une enquête de crédit ne donne pas les informations
nécessaires sur la capacité de payer le loyer », explique-t-elle.
« Souvent, les cartes de crédit sont en retard quand loyer est
payé. » Le RCLALQ recommande plutôt de fournir des preuves de paiement du
loyer, ou de comptes d’Hydro par exemple. Le risque du retour d’une liste noire
des locataires comme il s’en faisait dans les années 1980 est réel. Une rumeur
entendue par le RCLALQ raconte que de telles listes circulent dans le site
Facebook.
Le RCLALQ revendique donc d’interdire les formulaires de
location, et que la recherche de logement soit encadrée par la Régie du
logement. Pour l’instant, seule la Commission d’accès à l’information a
juridiction. Elle ne se préoccupe pas assez de la protection de l’information
privée des ménages locataires, selon France Émond. Comme le disait le vieux
slogan: « Nom, adresse et téléphone: c’est tout ce qu’il faut qu’on
donne! »