ALV, c'est...

L'Association des locataires de Villeray
est un organisme à but non lucratif
voué
à la défense des droits des locataires
et
du droit au logement!

14 mai 2012

À louer, s’adresser à Big Brother

Le lobby des propriétaires pousse encore plus loin sa recherche d’informations personnelles. Depuis février, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) offre à ses membres une application de genre iPhone pour faire du profilage de locataires en direct. Les propriétaires membres peuvent maintenant payer pour faire une recherche quasi-instantanée de dossier de crédit, de casier judiciaire, de causes civiles devant les tribunaux et même à la Régie du logement. La CORPIQ pousse l’audace jusqu’à proposer aux propriétaires des recherches chez l’employeur d’un-e locataire potentiel-le, de même que son propriétaire actuel ou passé. Ce « système d’enquête instantané » promet même des alertes en temps réel quand de nouvelles informations apparaissent dans un dossier.

Pour le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLCLQ), ce programme “ProprioEnquête” est tout simplement un outil de discrimination contre les ménages pauvres. Même si un proprio doit obtenir le consentement d’un-e locataire pour utiliser ses informations personnelles, « ce consentement est souvent vicié car, si on n’y consent pas, les propriétaires vont souvent refuser de louer le logement » selon la porte-parole du RCLALQ, France Émond. Il peut, par exemple, exercer des pressions quand plusieurs personnes à la fois visitent un même logement. Il n’est pas non plus clair où ira toute cette information une fois le logement loué.

« Une enquête de crédit ne donne pas les informations nécessaires sur la capacité de payer le loyer », explique-t-elle. « Souvent, les cartes de crédit sont en retard quand loyer est payé. » Le RCLALQ recommande plutôt de fournir des preuves de paiement du loyer, ou de comptes d’Hydro par exemple. Le risque du retour d’une liste noire des locataires comme il s’en faisait dans les années 1980 est réel. Une rumeur entendue par le RCLALQ raconte que de telles listes circulent dans le site Facebook.

Le RCLALQ revendique donc d’interdire les formulaires de location, et que la recherche de logement soit encadrée par la Régie du logement. Pour l’instant, seule la Commission d’accès à l’information a juridiction. Elle ne se préoccupe pas assez de la protection de l’information privée des ménages locataires, selon France Émond. Comme le disait le vieux slogan: « Nom, adresse et téléphone: c’est tout ce qu’il faut qu’on donne! »